TOC::Phobie d'Impulsion::Ruminations
Site d'aide aux personnes souffrants de phobie d'impulsion et de ruminations
AccueilFAQRechercherS’enregistrerConnexion
 Nouvelle traduction d'un article du Docteur Phillipson part1Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
thorr
Administrateur
Administrateur


Sexe:Masculin
Age : 32
Inscrit le : 26 Aoû 2005
Messages : 1277
Localisation : Yvelines, France

MessageSujet: Nouvelle traduction d'un article du Docteur Phillipson part1   Jeu 3 Jan - 9:46

Nous vous souhaitons à tous une très bonne année, qu'elle soit celle des bonnes résolutions pour éradiquer le toc.

Je vous propose la traduction d'un article du docteur Phillipson, spécialiste du TOC aux Etats-Unis. Ce texte a été traduit par S2 que je remercie une nouvelle fois pour son implication sur le site.
Il s'agit d'un manifeste sur le lâcher prise. Il traite principalement de la peur d'être homo et de la peur de ne plus aimer, néanmoins, ces conseils sont applicables pour tous les thèmes obsédants. Ce texte est en cinq parties, c'est long mais je vous suggère de le lire jusqu'au bout.

Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser vos commentaires en créant un topic sur ce sujet.


Je crois que quelque chose s’est passé :



[size=12]La compréhension et le traitement du doute obsessionnel lié à l’orientation sexuelle et la recherche de preuve dans une relation amoureuse




De Steven Phillipson, Ph. D.

Centre pour thérapie cognitivo-comportementale



Le programme à la télévision s’appelle « Seinfeld ». La scène est un salon de massage professionnel. Un des principaux protagonistes, George Costanza, a accepté de se faire masser par un professionnel pour la première fois de sa vie. Jerry Seinfeld lui a recommandé ce massage, disant qu’il est très relaxant et bienfaisant. George se trouve dans la salle d’attente du cabinet. S’attendant, et même espérant être accueilli par une jeune et charmante femme, il est surpris de découvrir que le masseur est un homme musclé, beau et charmant, habillé d’un T-shirt blanc et shorts. Bien que George hésite en premier lieu, il accepte finalement de se faire masser sur les conseils de son ami Jerry.



Dans la prochaine scène, on découvre George très troublé et avec un sentiment d’urgence. Il rencontre Jerry pour une conversation intime et avec la terreur qui se lit sur son visage, il admet que quelque chose s’est passé pendant le massage. Apparemment, George a trouvé le massage non seulement relaxant mais aussi excitant. Un peu d’ambiguïté s’installe comme si George avait fait l’expérience de signaux d’excitation sexuelle. Avec pour conséquence qu’il devint paralysé par la peur et le doute, pensant que son orientation sexuelle était remise en cause.



Cette scène comique reflète, ce qui pour certaines personnes souffrant de TOC peut représenter des années de tourments et d’agonie. Une des formes les plus communes de doute obsessionnel est l’incapacité d’établir avec certitude l’orientation sexuelle et l’effort agonisant de trouver une réponse qui s’en suit. Une autre forme très commune de doute obsessionnel, qui coïncide souvent avec cette pensée intrusive, est l’effort permanent d’établir si la relation dans laquelle la personne est engagée est authentique ou qu’elle fait suffisamment sens pour être vécue. Est-ce que je l’aime assez ? Est-il ou est-elle assez séduisant(e) ? Est-ce que je suis spirituellement assez connecté avec mon partenaire ? Et finalement vu que je suis peut-être homosexuel, est-ce que je ne devrais pas mettre un terme à cette relation et partir à la recherche de mon vrai moi ?

Même sans trop de contemplation, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi ces deux pensées intrusives coïncident. Si une personne est sérieusement engagée dans une relation, et que tout d’un coup de l’anxiété (causée par le besoin d’être absolument sûr de son orientation sexuelle) se manifeste, des questionnements quant au véritable amour pour le partenaire seraient naturels.



Les pensées intrusives préférées de la société



Dans la majorité des thèmes obsessionnels des TOC, la nature non raisonnable et irrationnelle des pensées intrusives est généralement évidente. Des pensées intrusives d’une mère étouffant son nouveau né sont en général facilement reconnaissables comme une forme commune de TOC ou même une forme commune de pensée intrusive que beaucoup de nouveaux parents connaissent. Les civils et les professionnels sont pareillement capables d’identifier la nature irrationnelle de la peur de contamination par le sida en touchant une poignée de porte. La terreur, l’angoisse, et le besoin d’avoir une solution immédiate pour faire baisser l’anxiété dont le toqué est victime, ainsi que les thèmes de pensées intrusives plus communes sont similaires, sinon identiques, que les pensées intrusives ayant trait aux relations amoureuses ou à l’identité sexuelle. La différence majeure est qu’avec ces deux thèmes de pensées intrusives la personne ne considère pas la pensée comme « faisant partie du TOC » au début. Avec pour résultat que la plupart des personnes souffrant de ce genre de pensées intrusives ont un long et pénible historique de recherche de preuve auprès d’autres personnes dans le but d’apporter une réponse à ces problèmes qui semblent légitimes. La variable prédominante qui permet de déterminer la différence entre un conflit légitime (c’est-à-dire un problème relationnel ou une confusion d’orientation sexuelle) et un TOC, est l’anxiété vécue ainsi que le besoin d’avoir une réponse immédiate, définitive et concluante au problème.



Les pensées intrusives relatives au fait d’être homosexuel ou d’être dans la « bonne » relation amoureuse ont beaucoup en commun. Beaucoup de proches, membres de la famille, et thérapeutes ont tous comme but de poursuivre l’effort d’aider quelqu’un à se décider s’il doit rester dans la relation amoureuse ou poursuivre une vie en tant qu’homosexuel. Malheureusement, cela représente une grande opportunité pour les non experts d’offrir des conseils qui ne sont pas judicieux et d’apporter des informations erronées pour la personne souffrant de TOC, notamment concernant le fait de savoir qu’est-ce qui détermine l’homosexualité de quelqu’un ou des arguments plaidant pour ou contre la poursuite ou la fin de la relation amoureuse. Dans un cas, la mère d’une patiente a dit à sa fille : « Si tu as tant de questions à ce sujet, si proche du mariage, alors il doit y avoir un sérieux problème ». Le poids de ce feedback a finalement eu raison d’une merveilleuse relation amoureuse. Dans un autre cas et lors d’un discours avec un représentant d’une école, un ruminateur sur l’homosexualité a admis dans l’angoisse qu’il vivait un enfer avec cette peur d’être homosexuel. Son ex-coach de la fac lui dit de s’asseoir et a admis avoir passé par de pareils tourments lors de son processus de « coming-out ». Inutile de le dire, cette information erronée, cependant pleine de compassion, a eu comme effet que le patient a reculé dans ses progrès thérapeutiques durant quelques mois. Suffisant à dire, ces deux thèmes sont rampants dans notre vie quotidienne. En n’identifiant pas de manière appropriée que ces questionnements sont liés au TOC, et en apportant de l’aide à ces questionnements qui n’ont pas de réponses définies, il semble que l’on apporte beaucoup d’aide au toqué. Toutefois, cette « aide » renforce en fait le dilemme et distrait quelqu’un de trouver des véritables solutions à des problèmes qui se posent dans la vie.



Les gens souffrant de TOC de propreté lavant leurs mains jusqu’à ce qu’ils « sentent » qu’elles sont propres ou allumant et éteignant une lumière jusqu’à ce que ce soit « adéquat » font une erreur critique dans le traitement de l’information. Ils acceptent que leur expérience guide leurs choix quant au fait de savoir s’ils ont fini une tâche ou non. Ceci est une erreur dès lors que la théorie dominante du TOC à aujourd’hui est que le centre de peur du cerveau (amygdale) est affaibli et considéré comme responsable que le souffrant agisse d’une manière si irrationnelle. Le souffrant reste complètement conscient de la nature irrationnelle de ces problèmes. Les personnes qui ne souffrent pas de TOC éteignent la lumière parce qu’ils perçoivent et pensent que la lumière est éteinte, ou ils ferment le robinet d’eau parce qu’ils pensent qu’il n’y a plus de saleté sur leurs mains. Les personnes ne souffrant pas de TOC se basent sur de l’information perceptuelle pour remplir ces tâches. Les personnes souffrant de TOC continuent à exécuter quelque chose, soit « comportementalement » soit mentalement, jusqu’à ce qu’ils ne se sentent plus menacés par l’incomplétude. Il est actuellement considéré que comme la partie du cerveau responsable pour un envoi de danger ne fonctionne pas correctement, la personne souffrant de TOC exécute une tâche pour échapper à la peur ou essaient de trouver une réponse (compulsion mentale) jusqu’à ce qu’ils ont calmé leur cerveau. Dans la population normale, des décisions quant au fait de rester engagé dans une relation ou la conscience de son identité sexuelle sont basées sur l’expérience. Avec ces circonstances il est admis qu’il est judicieux de se baser sur ces émotions pour guider ses choix concernant le fait d’être homosexuel ou de rester avec son partenaire. Le ruminateur sur l’homosexualité ou celui sur les relations amoureuses est fortement conscient qu’il est raisonnable de prendre ce type de décisions basées sur l’expérience, comme la population normale le fait. C’est pourquoi les ruminateurs tendent à être très peu disposés à commencer une relation amoureuse ou se comporter comme des hétérosexuels sans utiliser des émotions pour les guider. Mais vu que la partie émotionnelle du cerveau ne fonctionne pas correctement chez les personnes souffrant de TOC, il est essentiel qu’ils abandonnent leur ressenti biaisé, qui serait autrement une manière raisonnable de les guider.



Peut-être ma souffrance est-elle le résultat de toutes ces vraies questions que je me pose



Hé, n’est-il pas naturel qu’en considérant de quitter quelqu’un vous ressentiez beaucoup de souffrance et d’angoisse ?...

N’est-il pas normal que tout un chacun restant dans une relation amoureuse pour toutes ces mauvaises raisons ressente autant de tourment et culpabilité ?...Le processus du « coming-out » n’est-il pas une période stressante pour tout un chacun ?...Peut-être que je ne souffre pas de TOC…Peut-être que je suis juste là (en thérapie) afin d’avoir une excuse pour éviter l’horreur de découvrir mon vrai moi homosexuel. Comme nous ne pouvons pas ultimement prouver qu’il est impossible d’être contaminé par le sida en touchant une poignée de porte, la réponse à ceux qui se posent ces questions n’existe pas non plus. En fin de compte, il n’existe aucune manière de prouver avec une certitude absolue que nous ne faisons pas une grave erreur en traitant ces questions obsessionnelles comme un trouble anxieux, alors que ce que dont la personne a véritablement besoin est une thérapie de couple. (Note du traducteur : ce passage est extrêmement intéressant, et est presque comique comme il est expliqué, c’est-à-dire même Phillipson n’est pas ABSOLUMENT sûr de ce qu’il avance. On en revient au fait qu’aucune théorie n’est un savoir immuable et absolu.) Comme le fait d’obtenir une réponse à ces questions sans réponse est impossible, nous somme finalement abandonné avec l’opportunité de choisir de poursuivre ce traitement et d’accepter la possibilité que la vraie problématique soit négligée.



Comme ces deux thèmes de pensée intrusive ont tant en commun et tendent à se déclarer si rapidement, j’ai senti que cet article allait amener une directive utile pour toutes les personnes qui sont sous l’emprise de l’un ou l’autre des dilemmes. [/size]
_________________
C'est la nature d'une pensée d'être irrévocable. Edgar Allan Poe
Revenir en haut Aller en bas
Nouvelle traduction d'un article du Docteur Phillipson part1Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
TOC::Phobie d'Impulsion::Ruminations :: Obsessions Impulsions Ruminations :: RUMINATIONS-