 TOC::Phobie d'Impulsion::Ruminations Site d'aide aux personnes souffrants de phobie d'impulsion et de ruminations |
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upanddown Administrateur


 Inscrit le : 26 Aoû 2005 Messages : 288 Localisation : Bordeaux, France
| Sujet: Olivier's checkpoint Lun 26 Déc - 16:49 | |
| Thorr, tes desirs sont des ordres mon ami.. 
Olivier's Checkpoint, le 26 Décembre 2005
Tout d'abord je fais le point sur les premiers épisodes...
Je suis toc-qué (tendance phobie d'impulsion) depuis maintenant 4 ans et demi. Je re-situe l'apparition des premiers symptômes au mois de avril 2001, lors d'un voyage au Danemark avec ma compagne. Une apparition presque subite semblant venir de nulle part. J'étais marié depuis 6 ans, travaillait comme ingénieur dans une grosse boite d'informatique, plutôt une image de reussite que d' échec. Les 2 premières années j'étais totalement perdu il faut bien le dire. Je souffrais de vertiges, crises de paniques, palpitations, angoisses permanente, phases de dépressions +ou- severes, obsessions quotidiennes, phobie d'impulsion, claustrophobie, etc... Tous ses symptomes s'entretenaient les uns les autres, je ne comprenais pas d'où cela venait, je pensais être en train de devenir dingue (c'était l'epoque où on parlait beaucoup de la maladie de Creutzfeld Jacob dans les medias, j'avais vecu en Angleterre au milieu des années 90 et avait consommé un peu trop de Beef Curry et autres pâtées pour étudiants pauvres...) Aprés 1 an d'enfer obsessionel et un divorce, je décidais qu'il fallait bien que j'aille à la rencontre des hommes en blanc avant de perdre totalement le contrôle de moi même. Du moins, cette peur était devenu insupportablement envahissante, il fallait réagir. Je prenais donc rendez vous chez une psychotherapeute de Paris XVI. Une psy pour les stars qui frequentait les plateaux de télé de Delarue (Ca se discute ? n'est ce pas ?) et pratiquait l'hypnoses Ericksonienne, sujet qui exitait ma curiosité au plus point, moi qui rêvait d'être magicien. Après quelques séances où la psy me disait que j'étouffais dans mon couple, que j'étais trop dans le contrôle, et que je devais me laisser aller à faire n'importe quoi (en gros), j'exigeais de passer aux séances d'hypnoses qui décidemment ne venaient pas et étaient mon unique espoir afin de comprendre ce qu'il se passait en moi. Au bout de 10 seances, j'ai donc pu essayer ce remède tant attendu qui à ma grande deception n'a pas du tout pris sur moi... Je restais désesperement non réceptif aux incantations hypnotiques de mon hôte. J'abandonnais cette piste pailletée couteuse en argent, en energie et en pétrole car le XVI depuis Issy à 18h cela n'était pas la porte à côté. Je décidais donc de frapper à la porte d'une psychiatre, une vraie de vraie, celle que l'on voit dans les films et dont la plaque scintille à 15 mètres. Elle avait un nom à consonnance germanique, elle devait s'y connaitre... forcemment. Mais dés le début il m'est apparu que celle ci allait clairement plus mal que ca clientèle, son expression faciale digne du cri de Munch semblait aggraver mon état et je commencais même à me culpabiliser de ne pas aller beaucoup plus mal qu'elle. Je prétextais un problème de transport pour changer de spécialiste et me rappatrier sur le 92-Meudon la Fôret. Ah la nature, quel calme, quel verdure... quelle angoisse ! Ma troisième psy, encore une femme, était tout l'opposé de la précédente. Elle étais gaie, joviale, d'un âge certain, et comprit trés vite que je souffrais de TOC de phobie d'impulsion. Ah, enfin un diagnostique, aprés 2 années de trouble. Je n'étais donc pas fou, juste un peu tocqué. Je n'allais pas commettre l'irréparable mais juste devoir souffrir des conséquences d'un non-acte commis au stade de la pensée. J'ai eu droit au Seropram qui est devenu mon compagnon fidèle de chevet... enfin, le pire ennemi de ma libido plutot. Les améliorations ne se sont pas fait attendre, je commencais à bénir cette professionnelle qui avait le pouvoir magique de me faire aller mieux avec ses comprimés blancs et ses questions psychanalytiques. Elle n'avait pas un nom allemand mais elle s'y connaissait, elle allait à des congrés de psychiatres. Par curiosité je décidais de fréquenter les rayons psycho de la fnac et me rendit compte que ma maladie était effectivement bien referencée, et que des spécialistes en avait fait le tour, mais que le vaccin miracle n'était pas encore sorti. J'ai pu entreprendre une étude des mécanismes du toc et de la phobie d'impulsion, deuxième etape indispensable apres l'identification du mal. Je fus déjà bien rassuré, mais les troubles étaient toujours présent. En tout cas je puis me rendre compte des limitations de la troisieme psy, acharnée sur son approche freudiene et rejetant sur des bases corporatistes la modernité et l'éfficacité des approches non psychanalytiques. Décide à prendre le taureau par les cornes et grâce à une opportunité professionnelle je puis prendre rendez vous avec un des grands spécialistes du TOC, j'allais déjà mieux, il restait à emprunter le doux chemin rédemptoire de la Therapie Comportementale et Cognitive. Associé au plus fameux des comprimés, le Prozac, les progrés furent rapides, un sentiment d'accéleration vers la guérison s'est ouvert à moi. C'est à ce moment aussi que je rencontrais notre ami Thorr sur un forum et lui proposait d'utiliser ses talents afin de monter ce site web sur notre mal commun. Etant visiblement sur la meme longueur d'onde et etant tout les deux arrivé à la conclusion que le meilleur remède contre les obsessions etait le "laisser couler", ceci me permit de consolider mon approche. La phobie d'impulsion semblait deja plus lointaine (à tel point de pouvoir oublier son existence pendant des semaines entieres et de se considerer "gueri"), restaient ces obsessions qui trainaient les pieds dans un coin de mon cerveau. Ce n'est certe pas encore l'anticyclone permanent mais j'ai de plus en plus nombreuses et longues periodes de plein soleil. Je reprends le goût de vivre et le plus agréable et de se surprendre heureux par instants. Bien sur les orages (rechutes) sont encore presents mais ils sont de moindre intensité et plus espacés. L'important sont les progres globaux sur la durée, car une chose est sûre quelque soit la méthode, la guerison est un long chemin introspectif semé de déceptions, de phases de découragement. La patience est indispensable.Pour résumer je dois dire que pour la deuxieme année consecutive l'amélioration est au rendez vous. J'avance pas à pas, un voyage de mille pas commence avec un simple pas, n'est ce pas ? _________________ sometimes up... sometimes down |
|  | | Catherine

Inscrit le : 22 Déc 2005 Messages : 8 Localisation : Belgique
| Sujet: Re: Olivier's checkpoint Lun 26 Déc - 18:15 | |
| Salut Olivier!
Un p'tit message pour te dire que je trouve ton histoire pleine d'espoir.... et que je te trouve aussi très courageux...
Je vous remercie au passage Thorr et toi pour avoir eu la bonne idée de créer ce site!
Comme je l'ai déjà expliqué dans le post "7 ans de cauchemars", je me sens déjà tellement moins seule......
Je me suis d'ailleurs dit que je ne pouvais rêver plus beau cadeau de Noel!
Bref, tout ça pour dire que je te soutiens!
Cath |
|  | | lou Novice antitoc

 Inscrit le : 16 Déc 2005 Messages : 34
| Sujet: Re: Olivier's checkpoint Mar 27 Déc - 13:56 | |
| [be] MERCI A CEUX QUI ONT CREE CE SITE C EST RASSURANT DE SAVOIR QUE QD CA VA MAL ET QU ON A PAS FORCEMENT L ENVIE OU LA POSSIBILITE D EN PARLER A SES PROCHES ON PEUT SE RETROUVER ICI ET ECHANGER AVEC D AUTRES
C EST LA PREMIERE FOIS QUE JE VIENS SUR CE FORUM ET C EST SUPER QU IL SOIT PLUS PARTICULIEREMENT AXE SUR LES PHOBIES D IMPULSIONS
VOILA PR RESUMER MOI CA FAIT 5 ANS QUE JE SOUFFRE DE CE TYPE DE PHOBIE ET 1 AN ET DEMI QUE JE PREND DES ANTI DEPRESS L AMELIORATION EST FLAGRANDE MAIS TT N EST PAS ENCORE PARTI.
EJ ME QUESTIONNE BCP SUR LES CAUSES POSSIBLES L EVOLUTION L AVENIR ...EST CE QU UN JOUR ELLES DISPARAITRONT COMPLETEMENT? OU SUIS JE CONDAMMNEE AETRE ESCLAVE DU ZOLOFT T MA VIE...BREF AUTANT D INTERROGATIONS QUI ME HARCELENT...
MON TRAVAIL CHEZ LA PSY NE ME SATISFAIT PAS VRAIMENT CAR A PART ECHANGER DES BANALITES SUR MA VIE PERSO ET ME DIRE QUE JE DOIS LAISSER COULER MES IDEES INTRUSIVES ON NE FAIT RIEN D AUTRE J ATTENDAIS AUTRE CHOSE D UNE TCC ET JE VOUDRAIS BIEN QUE QQN QUI EN SUIT UNE VRAIE ME DECRIVE COMMENT CELA SE PASSE
MERCI ET A BIENTOT
LOU [/b] |
|  | | thorr Administrateur


 Age : 32 Inscrit le : 26 Aoû 2005 Messages : 1279 Localisation : Yvelines, France
| Sujet: Re: Olivier's checkpoint Mer 28 Déc - 10:32 | |
| | upanddown a écrit: | Thorr, tes desirs sont des ordres mon ami.. 
Olivier's Checkpoint, le 26 Décembre 2005
Tout d'abord je fais le point sur les premiers épisodes...
Je suis toc-qué (tendance phobie d'impulsion) depuis maintenant 4 ans et demi. Je re-situe l'apparition des premiers symptômes au mois de avril 2001, lors d'un voyage au Danemark avec ma compagne. Une apparition presque subite semblant venir de nulle part. J'étais marié depuis 6 ans, travaillait comme ingénieur dans une grosse boite d'informatique, plutôt une image de reussite que d' échec. Les 2 premières années j'étais totalement perdu il faut bien le dire. Je souffrais de vertiges, crises de paniques, palpitations, angoisses permanente, phases de dépressions +ou- severes, obsessions quotidiennes, phobie d'impulsion, claustrophobie, etc... Tous ses symptomes s'entretenaient les uns les autres, je ne comprenais pas d'où cela venait, je pensais être en train de devenir dingue (c'était l'epoque où on parlait beaucoup de la maladie de Creutzfeld Jacob dans les medias, j'avais vecu en Angleterre au milieu des années 90 et avait consommé un peu trop de Beef Curry et autres pâtées pour étudiants pauvres...) Aprés 1 an d'enfer obsessionel et un divorce, je décidais qu'il fallait bien que j'aille à la rencontre des hommes en blanc avant de perdre totalement le contrôle de moi même. Du moins, cette peur était devenu insupportablement envahissante, il fallait réagir. Je prenais donc rendez vous chez une psychotherapeute de Paris XVI. Une psy pour les stars qui frequentait les plateaux de télé de Delarue (Ca se discute ? n'est ce pas ?) et pratiquait l'hypnoses Ericksonienne, sujet qui exitait ma curiosité au plus point, moi qui rêvait d'être magicien. Après quelques séances où la psy me disait que j'étouffais dans mon couple, que j'étais trop dans le contrôle, et que je devais me laisser aller à faire n'importe quoi (en gros), j'exigeais de passer aux séances d'hypnoses qui décidemment ne venaient pas et étaient mon unique espoir afin de comprendre ce qu'il se passait en moi. Au bout de 10 seances, j'ai donc pu essayer ce remède tant attendu qui à ma grande deception n'a pas du tout pris sur moi... Je restais désesperement non réceptif aux incantations hypnotiques de mon hôte. J'abandonnais cette piste pailletée couteuse en argent, en energie et en pétrole car le XVI depuis Issy à 18h cela n'était pas la porte à côté. Je décidais donc de frapper à la porte d'une psychiatre, une vraie de vraie, celle que l'on voit dans les films et dont la plaque scintille à 15 mètres. Elle avait un nom à consonnance germanique, elle devait s'y connaitre... forcemment. Mais dés le début il m'est apparu que celle ci allait clairement plus mal que ca clientèle, son expression faciale digne du cri de Munch semblait aggraver mon état et je commencais même à me culpabiliser de ne pas aller beaucoup plus mal qu'elle. Je prétextais un problème de transport pour changer de spécialiste et me rappatrier sur le 92-Meudon la Fôret. Ah la nature, quel calme, quel verdure... quelle angoisse ! Ma troisième psy, encore une femme, était tout l'opposé de la précédente. Elle étais gaie, joviale, d'un âge certain, et comprit trés vite que je souffrais de TOC de phobie d'impulsion. Ah, enfin un diagnostique, aprés 2 années de trouble. Je n'étais donc pas fou, juste un peu tocqué. Je n'allais pas commettre l'irréparable mais juste devoir souffrir des conséquences d'un non-acte commis au stade de la pensée. J'ai eu droit au Seropram qui est devenu mon compagnon fidèle de chevet... enfin, le pire ennemi de ma libido plutot. Les améliorations ne se sont pas fait attendre, je commencais à bénir cette professionnelle qui avait le pouvoir magique de me faire aller mieux avec ses comprimés blancs et ses questions psychanalytiques. Elle n'avait pas un nom allemand mais elle s'y connaissait, elle allait à des congrés de psychiatres. Par curiosité je décidais de fréquenter les rayons psycho de la fnac et me rendit compte que ma maladie était effectivement bien referencée, et que des spécialistes en avait fait le tour, mais que le vaccin miracle n'était pas encore sorti. J'ai pu entreprendre une étude des mécanismes du toc et de la phobie d'impulsion, deuxième etape indispensable apres l'identification du mal. Je fus déjà bien rassuré, mais les troubles étaient toujours présent. En tout cas je puis me rendre compte des limitations de la troisieme psy, acharnée sur son approche freudiene et rejetant sur des bases corporatistes la modernité et l'éfficacité des approches non psychanalytiques. Décide à prendre le taureau par les cornes et grâce à une opportunité professionnelle je puis prendre rendez vous avec un des grands spécialistes du TOC, j'allais déjà mieux, il restait à emprunter le doux chemin rédemptoire de la Therapie Comportementale et Cognitive. Associé au plus fameux des comprimés, le Prozac, les progrés furent rapides, un sentiment d'accéleration vers la guérison s'est ouvert à moi. C'est à ce moment aussi que je rencontrais notre ami Thorr sur un forum et lui proposait d'utiliser ses talents afin de monter ce site web sur notre mal commun. Etant visiblement sur la meme longueur d'onde et etant tout les deux arrivé à la conclusion que le meilleur remède contre les obsessions etait le "laisser couler", ceci me permit de consolider mon approche. La phobie d'impulsion semblait deja plus lointaine (à tel point de pouvoir oublier son existence pendant des semaines entieres et de se considerer "gueri"), restaient ces obsessions qui trainaient les pieds dans un coin de mon cerveau. Ce n'est certe pas encore l'anticyclone permanent mais j'ai de plus en plus nombreuses et longues periodes de plein soleil. Je reprends le goût de vivre et le plus agréable et de se surprendre heureux par instants. Bien sur les orages (rechutes) sont encore presents mais ils sont de moindre intensité et plus espacés. L'important sont les progres globaux sur la durée, car une chose est sûre quelque soit la méthode, la guerison est un long chemin introspectif semé de déceptions, de phases de découragement. La patience est indispensable.Pour résumer je dois dire que pour la deuxieme année consecutive l'amélioration est au rendez vous. J'avance pas à pas, un voyage de mille pas commence avec un simple pas, n'est ce pas ? |
Salut Olivier et merci pour ce beau message qui foisonne d'espoir. Je trouve que ce qui transparait c'est ton courage, ta pugnacité et tes connaissances du trouble, moi je te dis chapeau et je suis fier d'avoir participé au montage de ce site avec toi. Et là où nos témoignages se regroupent (avec Ailin aussi) c'est qu'il faut du temps, donc de l'expérience et des rechutes pour s'en sortir même partiellement. Pour finir je dirais que tu n'en es pas à un petit pas mais plutôt que tu as bien baroudé dans l'univers du toc et que ça porte ses fruits
A bientôt et bonne année mon pote  _________________ C'est la nature d'une pensée d'être irrévocable. Edgar Allan Poe |
|  | | mado
Inscrit le : 21 Oct 2005 Messages : 8
| Sujet: Re: Olivier's checkpoint Mer 28 Déc - 16:28 | |
| Merci pour ce message qui donne un apperçu exact de la réalité quotidienne du trouble. D'après ma longue expérience de la maladie (20 ans, mais j'ai été diagnostiquée à 16 ans), j'ai compris que le parcours était jonché de rechutes et de longues périodes de rémission (4 ans pour moi) qui peuvent nous faire croire que c'est terminé. Je tiens à dire ici, que si on ne peut qu'aller de mieux en mieux en connaissant la maladie et en la prenant en charge (médicaments et TCC), il nous faut également apprendre à accepter cette maladie avec le plus de bienveillance possible car elle nous accompagne durant de longues années. S'accepter tel que l'on est en somme, juste un peu plus anxieux que la moyenne. Apprendre à être indulgent avec soi même (ce qui est assez paradoxal dans une maladie dont l'une des spécificité est d'être en permanence dans le contrôle). Ceci rejoint pour moi le "laisser-passer" dont tu parles. Considérer ses pensées et ses émotions pour ce qu'elles sont, et non pour ce qu'elles provoquent (de l'angoisse). Il s'agit donc d'apprivoiser cette maladie, de l'accueillir comme faisant partie de soi, afin d'en avoir de moins en moins peur, pour mieux la maintenir à distance. A ce sujet, j'ai donc fait une nième tentative d'arrêt du prozac, et ben j'aime pas du tout. Je me prépare doucement à en prendre très longtemps. |
|  | | thorr Administrateur


 Age : 32 Inscrit le : 26 Aoû 2005 Messages : 1279 Localisation : Yvelines, France
| Sujet: Re: Olivier's checkpoint Jeu 29 Déc - 9:29 | |
| | mado a écrit: | Merci pour ce message qui donne un apperçu exact de la réalité quotidienne du trouble. D'après ma longue expérience de la maladie (20 ans, mais j'ai été diagnostiquée à 16 ans), j'ai compris que le parcours était jonché de rechutes et de longues périodes de rémission (4 ans pour moi) qui peuvent nous faire croire que c'est terminé. Je tiens à dire ici, que si on ne peut qu'aller de mieux en mieux en connaissant la maladie et en la prenant en charge (médicaments et TCC), il nous faut également apprendre à accepter cette maladie avec le plus de bienveillance possible car elle nous accompagne durant de longues années. S'accepter tel que l'on est en somme, juste un peu plus anxieux que la moyenne. Apprendre à être indulgent avec soi même (ce qui est assez paradoxal dans une maladie dont l'une des spécificité est d'être en permanence dans le contrôle). Ceci rejoint pour moi le "laisser-passer" dont tu parles. Considérer ses pensées et ses émotions pour ce qu'elles sont, et non pour ce qu'elles provoquent (de l'angoisse). Il s'agit donc d'apprivoiser cette maladie, de l'accueillir comme faisant partie de soi, afin d'en avoir de moins en moins peur, pour mieux la maintenir à distance. A ce sujet, j'ai donc fait une nième tentative d'arrêt du prozac, et ben j'aime pas du tout. Je me prépare doucement à en prendre très longtemps. |
Tout à fait d'accord avec toi  _________________ C'est la nature d'une pensée d'être irrévocable. Edgar Allan Poe |
|  | | upanddown Administrateur


 Inscrit le : 26 Aoû 2005 Messages : 288 Localisation : Bordeaux, France
| Sujet: Re: Olivier's checkpoint Jeu 29 Déc - 17:11 | |
| Merci 1000fois à toutes et à tous pour vos retours et encouragements.
qqs remarques :
Lou: je pense que ce n'est pas le Zoloft qui te rends mais esclave mais ton TOC plutot. Personnelement je prends les AD plutot comme un ami plutot qu'un compagnon encombrant. A la limite qu'importe que je doive en prendre toute la vie, cela ne change pas ma personnalité mais soulage nettement des obsessions. Ceci dit je fonde beaucoup d'espoir sur les progres spectaculaire de la medecine, surtout en ce qui concerne le cerveau, il y a beaucoup de choses à explorer donc beaucoup d'espoir. Le seul vrai probleme avec les AD pour moi c'est la libido qui est nettement reduite!
Catherine : merci pour ton soutien ( je t'avais envoyé un MP sur ton ancien pseudo, je crois que tu l'as pas lu)
Thorr: en ce qui concerne les connaissance du toc je pense que c'est bien toi le roi ici, y'a pas de doutes, tu as clairement creusé le sujet et l'exprime merveilleusement bien ! (au fait prenez le temps de lire les pages du site si vous êtes arrivés directement sur le forum, on a pas beaucoup de retour la dessus)
Mado: Là j'avoue que j'ai envie d'en savoir plus sur ton cas, car j'ai du mal à imaginer pouvoir rechuter apres une remission de 4 ans. Comment est ce possible ? Je veux dire j'imagine que si ton cerveau a pu s'extirper de cet enfer pendant 4 annees comment peux tu retomber dans le piege ? S'agissait il des memes troubles, meme thematiques ??? Peux tu nous en dire plus tu es la personne avec le plus long vecu du toc sur le forum je pense (enfin parmis les membres actifs). Merci !!
Joyeuses Fêtes à tous ! :Star: :Star: :Star: _________________ sometimes up... sometimes down |
|  | | mado
Inscrit le : 21 Oct 2005 Messages : 8
| Sujet: Re: Olivier's checkpoint Jeu 29 Déc - 18:10 | |
| Olivier, je vais tâcher d'en dire un peu plus. Déjà, j'ai eu la chance d'être diagnostiquée très tôt, les premiers symptômes de phobie d'impulsion étant apparus à 16 ans (peur de tuer ma mère). J'ai pu lui en parler immédiatement et j'ai vu très vite un psy traditionnel, peu de temps mais suffisament pour reprendre le cour normal de ma vie d'ado. Suivront 4 ans de rémission, sans symptômes (du moins apparents) et sans pensées. J'ai rechuté vers 20 ans, toujours le même symptôme et pas de compulsion. Là j'ai vu une psy un peu barrée versée dans la radiesthésie. N'oublions pas qu'à l'époque on parlait encore de "névrose obsessionnelle" et que la TCC n'atait pas encore sur la place publique. Rémission à nouveau, pendant environ 5 ans. Bien sûr, pendant tout ce laps de temps, j'ai eu des périodes d'angoisse, mais elles ne s'accompagnait pas de phobies, ni d'anxiété. J'ai replongé après la naissanec de mon fils, et là c'était sévère car j'avais peur de le tuer lui. Attaques de panique et tout. J'avais alors déjà entendu parler des TCC, et c'est vrai que vivre à Paris m'a beaucoup aidé car j'ai vite rencontré des gens qui connaissait cette pathologie et m'ont conseillé un psychiatre spécialisé. J'ai alors commencé une TCC et pris du Prozac (c'est pour ça que je continue avec cette molécule Ailin, ça marche pas mal sur moi). J'ai eu des hauts et des bas, arrêté le prozac sans domage pendant un an lors de ma seconde grossesse, repris, mais la phobie a toujours été la même à ceci près que la peur de me tuer s'y est associée. Ensuite, j'ai changé de partenaire, de job, j'étais stabilisée, j'ai arrêté le prozac à nouveau et j'ai pensé bêtement qu'ayant changé de vie, c'était fini. Que neni, rebelotte 2 ans plus tard. j'ai changé de psy, repris du prozac, me suis à nouveau stabilisée, réduit le prozac, replongé, restabilisée, reréduit au bout d'un an et demi, replongé et repris mon comprimé entier depuis maintenant 2 mois. Lorsque je parle de rémission, il s'agit en effet de périodes sans symptôme. Je reste cependant quelqu'un d'angoissé mais je gère ma vie tout à fait normalement. J'ai très peu de rumination, quasi pas d'obsession. Je constate depuis quelques années que mes rechutes sont consécutives à la réduction du prozac. J'en conclu que le neurotransmetteur incriminé doit bien déconner un poil. De plus, lorsque je vais mieux, j'ai tendance à relacher ma vigilance. Or pour ce qui me concerne je doit apprendre à ne pas céder à toutes mes émotions, surtout celles qui m'induisent en erreur. Quand à retomber dans le piège, oui je me pose aussi la même question que toi : pourquoi je replonge alors que je connais parfaitement bien le mécanisme. Je devrait me faire davantage confiance ! Ben non. C'est la raison pour laquelle j'ai décidé de ne plus me polariser sur l'arrêt du médicament, que j'expérimente quotidiennement la méthode du "laisser passer" qui me semble être recommandée dans nos cas pour m'habituer aux pensées, aux angoisses et ne plus les craindre. Et puis j'évite d'éviter (de rester seule par exemple avec mes enfants de peur de leur faire du mal). Je m'oblige à retser seule avec eux, je m'oblige à me pencher par la fenêtre et j'attends jusqu'à ce que l'angoisse retombe. Et je me fais à l'idée d'être plus anxieuse que la moyenne, que lorsque qu'on me parle de schizophrénie je m'ausculte et demande 20 fois à mon psy s'il est sur de son diagnostiqye (il ne répond plus bien sûr). J'en arrive à un stade d'acceptation de moi, de ma maladie, de ne pas être meilleure ou plus parfaite q'une autre, d'être moins dans le contrôle permanent, de me fiche la paix (c'est de cette indulgence là que je parle Ailin). C'est à dire de ne plus faire, pendant les périodes de rémission, comme si cette maladie n'existait plus. Elle est là, tapie dans l'ombre, mais je dois bien apprendre à vivre avec et la chronicité en fait partie. tant qu'elle reste silencieuse, ça va. Et puis n'oublions pas que, sans faire d'angélisme, l'anxiété qui nous taraude souvent trop nous permet aussi, dans les périodes stabilisée, à aller de l'avant, à être curieux, à nous dépasser, à découvrir de nouvelles potentialités.
Voilà, tu sais presque tout. J'ai été méga longue, j'espère que ce ne sera pas trop pénible pour ceux qui me liront. |
|  | | Admin Administrateur

Inscrit le : 26 Aoû 2005 Messages : 11
| Sujet: Re: Olivier's checkpoint Jeu 29 Déc - 21:49 | |
| Merci pour ton temoignage Mado, c'est tres interessant et t'inquiete pas cela ne peut pas etre trop long, chaque pierre est utile à l'edifice. Nos temoignages serviront aux futurs malades aussi. Je me retrouve tout a fait dans ton analyse, et quelque part ton temoignage donne beaucoup d'espoir car les periodes de remissions sont longues et finalement il semble que tu sois stabilisée au points que meme si il y a des rechutes tu les vis pas trop mal, tu commences à avoir du recul sur la maladie et n'essaies plus de la battre, de l'eviter ou de te rassurer. Je pense vraiement que c'est a l'heure actuelle le meilleur angle d'attaque. 1e m'estime pas tres loin de ce "niveau" non plus Je suis daccord aussi sur le Prozac, j'en beni les inventeurs ... en attendant mieux... J'espere atteindre ton niveau de recul un jour, mais il faut etre patient. Une derniere chose, un de mes "trucs" : quand j'ai des rechutes, le cote le plus penible c'est cette exasperation sur pourquoi ca revient, qui tourne a l'obsession et qui deprime, alors une facon que j'ai de "voir" les choses , c'est d'imaginer que j'ai une sorte de "migraine psychologique" qui finira bien par passer comme une migraine "normale". Ca marche pas mal et m"evite de trop culpabiliser ou d'y penser justement. Desole j'ecris le message tres vite y'a plein de fautes !!  up aka olivier |
|  | | thorr Administrateur


 Age : 32 Inscrit le : 26 Aoû 2005 Messages : 1279 Localisation : Yvelines, France
| Sujet: Re: Olivier's checkpoint Ven 30 Déc - 11:48 | |
| [quote="Ailin"]
"Mon sytème de TOC était aussi cohérent et intrinsèquement logique que le comportement des non-TOCer's. Simplement si je voulais avoir une vie sociale c'était impossible. Au bout du compte le modèle ne convient pas"
Ca c'est un point essentiel, crutial je dirais! C'est pour cela que je suggère bien souvent d'opérer le deuil de notre mécanisme de "pensées", de notre façon d'appréhender les choses, casser avec un univers teinté de réflexions compulsives. Effectivement la logique obsessionnelle a pour caractéristique d'être tout à fait logique, c'est ce qui en fait une plaie, un virus effroyable, car toute obsession a un fondement réel et n'est jamais absurde, ce qui lui confère une dose d'absurdité c'est qu'elle s'impose à nous magistralement à défaut d'autres idées qui pourraient bénéficier de la même légitimité; l'absurdité est aussi définit par l'inaction, la logique obsessionnelle est donc une sorte d'axiôme sans résonance concrète, sans application directe, elle incarne donc le non-sens dans le cadre sociétal. On ne peut malheureusement cohabiter avec cette appréhension des choses et des idées dans un monde social ou organisé, je dirais même dans un monde tout court dans la mesure où le problème fondamental pour l'obsessionnel c'est l'inertie qui le caractérise, une pensée prime et aboutit à l'inertie, si cette façon de fonctionner s'universalisait nous nous muterions en spectre errant, lambinant dans un monde d'idées, incapables de se mouvoir dans un espace de vie déterminé. La pensée se doit d'exister à priori, elle peut incarner les prémices de l'action mais elle se doit de demeurer libre comme un éléctron, il ne faut surtout pas la brimer ou la retenir, c'est ainsi qu'elle nous maîtrise, l'être pensant doit rester à sa place et éviter de s'enliser dans les méandres de l'abstrait. La "démesure" de l'abstraction peut être réservée à l'art ou à la recherche de haute volée, mais en aucun cas elle ne doit se défaire de son binôme: la réalisation. L'abstraction est un outil formidable lorsqu'il est désiré et/ou qu'il abouti à la concrétisation d'un projet ou d'une idée.
Pardon c'était une petite réflexion matinale, désolé pour ceux que ça saoûle  _________________ C'est la nature d'une pensée d'être irrévocable. Edgar Allan Poe |
|  | | thorr Administrateur


 Age : 32 Inscrit le : 26 Aoû 2005 Messages : 1279 Localisation : Yvelines, France
| Sujet: Re: Olivier's checkpoint Ven 30 Déc - 11:56 | |
| | upanddown a écrit: | Merci 1000fois à toutes et à tous pour vos retours et encouragements.
qqs remarques :
Lou: je pense que ce n'est pas le Zoloft qui te rends mais esclave mais ton TOC plutot. Personnelement je prends les AD plutot comme un ami plutot qu'un compagnon encombrant. A la limite qu'importe que je doive en prendre toute la vie, cela ne change pas ma personnalité mais soulage nettement des obsessions. Ceci dit je fonde beaucoup d'espoir sur les progres spectaculaire de la medecine, surtout en ce qui concerne le cerveau, il y a beaucoup de choses à explorer donc beaucoup d'espoir. Le seul vrai probleme avec les AD pour moi c'est la libido qui est nettement reduite!
Catherine : merci pour ton soutien ( je t'avais envoyé un MP sur ton ancien pseudo, je crois que tu l'as pas lu)
Thorr: en ce qui concerne les connaissance du toc je pense que c'est bien toi le roi ici, y'a pas de doutes, tu as clairement creusé le sujet et l'exprime merveilleusement bien ! (au fait prenez le temps de lire les pages du site si vous êtes arrivés directement sur le forum, on a pas beaucoup de retour la dessus)
Mado: Là j'avoue que j'ai envie d'en savoir plus sur ton cas, car j'ai du mal à imaginer pouvoir rechuter apres une remission de 4 ans. Comment est ce possible ? Je veux dire j'imagine que si ton cerveau a pu s'extirper de cet enfer pendant 4 annees comment peux tu retomber dans le piege ? S'agissait il des memes troubles, meme thematiques ??? Peux tu nous en dire plus tu es la personne avec le plus long vecu du toc sur le forum je pense (enfin parmis les membres actifs). Merci !!
Joyeuses Fêtes à tous ! :Star: :Star: :Star: |
Merci upanddown mais c'est un peu trop Je te renvois le compliment _________________ C'est la nature d'une pensée d'être irrévocable. Edgar Allan Poe |
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